" /> La rapport des deux ans de "80 km/h" est tombé en juillet 2020 - Fédération des Motards de France
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Publié le par Le service communication de la FMF

En s’efforçant de présenter un bilan officiel positif de l’expérimentation du 80 km/h après deux ans de mise en œuvre, les pouvoirs publics ont surtout rappelé toute la mauvaise foi qui les caractérise sur ce sujet et l'inutilité de la mesure.

 

 

ll fallait bien un terme à la mascarade. Le 1er juillet dernier, la Sécurité Routière a rendu ses conclusions sur la mise en place du 80 km/h sur les routes secondaires françaises. Aucun hasard à cette date, fixée par Edouard Philippe lui-même dans les premiers mois de son mandat à Matignon. Le 9 janvier 2018, plus précisément, lorsque le Premier ministre présente à la presse le compte rendu d’un comité interministériel et annonce, avec 17 autres mesures, le passage de 90 à 80 km/h sur les nationales bidirectionnelles sans séparateur central. Sentant l’hostilité poindre et pour justifier ce choix, M. Philippe donne le ton : l’expérimentation durera deux ans et doit permettre de sauver 400 vies par an.

 

Mauvaise addition


Après 20 mois de pratique et non 24 en raison de la crise du coronavirus, dire que le compte n’y est pas est un euphémisme, pour deux raisons. La première tient au simple fait que ladite expérimentation est presque morte née. Bien que les routes secondaires soient effectivement passées à 80 km/h en grande partie le 1er juillet 2018, la contestation politique a fini par emboîter le pas de la contestation sociale. Quelques semaines après la mise en place du dispositif, les présidents de régions prennent position et descendent en flèche cette mesure injustifiée et dont l’argumentaire est, déjà à l’époque, particulièrement flou. Sans parler du Parlement, qui souhaite des aménagements. A l’occasion du projet de loi sur les mobilités de 2019, Edouard Philippe laisse finalement la possibilité aux élus locaux (maires, présidents de conseils) de décider quelles routes doivent passer à 80 km/h – voire moins s'il le faut – ou non. Une logique décentralisation plutôt qu’une application uniforme et simpliste.

 

Bilan faussé


De fait, le bilan présenté ce début juillet par la Sécurité Routière concernant les vies épargnées sur les réseaux restés à 80 km/h parait encore plus incongru. Selon Marie Gautier-Melleray, fraîchement nommée déléguée interministérielle à la sécurité en remplacement d’Emmanuel Barbe, s’appuyant sur les études du Cerema, 349 vies ont été sauvées entre le 1er juillet 2018 et le 29 février 2020 (date choisie en raison du confinement mis en place le 17 mars). Comme le pointe aujourd'hui la Fédération des Motards de France, le rapport du Cerema a beau faire 122 pages et comporter plein de formules mathématiques complexes, il ne prouve à aucun moment que ces vies épargnées sont exclusivement expliquées par l’abaissement de la vitesse. Qui plus est, les chiffres utilisés concernent la mortalité routière “hors agglomération” et “hors autoroute”, sauf que la totalité du réseau “secondaire” et tertiaire français n’est pas limitée à 80 km/h. Des centaines de milliers de kilomètres de voies sont "badgés" 60, 70, 90 voire 110 lorsqu’un terre-plein départage les deux sens de circulation. Sans aller plus loin, ces deux constats mettent en évidence que les conclusions tirées par la Sécurité Routière sont hâtives et fausses.

 

Pas moins de bruit ni de pollution


De fait, les bilans faits sur d’éventuels gains socio-économiques le sont tout autant. Si le rapport du Cerema avance une “économie” de 700 millions d’euros pour la société française, il ne fait nulle part mention des autres facteurs expliquant ce chiffre, dont, notamment, la modernisation progressive du parc automobile français et toutes les conséquences positives que cela induit sur la sécurité à bord des voitures. Une omission que les pouvoirs publics avaient d’ailleurs déjà commise lors des premières simulations en 2018. Enfin, les bilans écologiques et sonores ne sont pas plus positifs. La Fédération des Motards de France rappelle d’ailleurs avec quelle maladresse le rapport du Cerema interprète une expérimentation sur des voies passées à 70 km/h et non 80…

 

Mais même avec une telle réduction de la vitesse, le rapport affirme que la variation des émissions (oxydes d’azote et particules) à ces vitesses est “très faible voire nulle”. Idem pour le bruit, puisque rouler 10 km/h moins vite permettrait de descendre le volume d’un décibel, autrement dit une valeur imperceptible pour nous.

 

Malhonnêteté politique


Comme il fallait s’y attendre, les résultats de “l’expérience 80 km/h” n’ont que peu de valeur. Sans surprise également, au lieu de les prendre avec des pincettes et d’avouer la faiblesse des chiffres, les pouvoirs publics n’ont pas manqué de les manipuler au cours d'un exercice d’auto-satisfaction peu glorieux.

 

Quel qu’aurait pu être le résultat au 1er juillet 2020 si le réseau concerné avait été maintenu à 80 km/h, l’honnêteté politique et intellectuelle aurait voulu qu’on n’en tire aucune conclusion, car les tendances sur l'accidentalité routière se dessinent sur plusieurs années et s’avèrent, quoiqu’il arrive, multi-factorielles. Au bout du compte, nombreux sont les départements à abandonner cette mesure absurde, avec à la clé une complexité supplémentaire pour les automobilistes pour comprendre nos limitations de vitesse.

 

Enfin le Co-président de la Fédération et le Président demandent un rendez-vous à la rentrée de septembre 2020 avec Madame Gautier-Melleray pour faire le point sur la question du rapport CEREMA. 

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Court métrage "Off Tack"

Film "Off Tack"

Motocross: vitesse, dévouement, adrénaline. 

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