Des bords de la Mer Rouge avec Jeddah comme point de départ jusqu’à la cité des sports et de la culture de Qiddiya à proximité de la capitale Riyadh, en passant par les canyons et les montagnes de l’ouest du pays puis par les étendues de dunes de « l’Empty Quarter », la 42e édition du Dakar s’est achevée sur les victoires de l’Américain Ricky Brabec à moto, portant Honda au sommet après 31 ans de disette. 

 


Au total, 234 des 342 véhicules partis de Jeddah (68,4 %) figurent au classement général final de l’épreuve : 96 motos, 12 quads, 57 autos, 29 SSV et 40 camions. 22 véhicules ayant abandonné en cours de route ont par ailleurs atteint Qiddiya dans le cadre de la formule Dakar Experience.  

 

Motos : Brabec et Honda au sommet

 

Cela faisait 31 ans que le premier constructeur mondial n’avait plus gagné le Dakar. Cela n’était encore jamais arrivé qu’un pilote américain remporte le plus célèbre des rallye-raids. Aujourd’hui à Quiddiya, Ricky Brabec et sa Honda 450 CRF en ont écrit une nouvelle page en lettres d’or. En tête depuis le soir de la troisième étape, le Californien a su parfaitement gérer son avance au fil des journées. 

 

Et si l’an dernier la mécanique l’avait trahi à trois spéciales de l’arrivée, sa machine a cette fois tourné comme une horloge jusqu’aux ultimes kilomètres. Juste récompense pour un garçon qui n’a jamais ménagé ses efforts, mais aussi pour Honda qui a su patienter depuis son retour officiel sur le Dakar en 2013. Edition après édition, sans se décourager malgré les revers accumulés, le team HRC est parvenu à peaufiner la fiabilité de sa moto, réorganiser sa structure et trouver cette alchimie sans laquelle aucun succès n’est possible, pour détrôner l’équipe KTM qui a empilé 18 victoires consécutives depuis 2001. Derrière Brabec, c’est Pablo Quintanilla qui s’est montré le plus saignant. 

 

 

Au guidon de sa Husqvarna, le Chilien s’offre une belle deuxième place après une année passée à récupérer de sa blessure du dernier Dakar péruvien. La troisième marche du podium revient à Toby Price, vainqueur en 2019. La catégorie « Original by Motul » est quant à elle remportée par le Roumain Emanuel Gyenes avec plus d’une heure d’avance sur Benjamin Melot.

 

Quads : Casale, retour gagnant

 

Après une escapade infructueuse en SSV l’an passé, Ignacio Casale est revenu en 2020 à ses premières amours et la catégorie quads pour le premier Dakar saoudien. Bonne pioche pour le double vainqueur de l’épreuve qui n’a absolument pas perdu son coup de guidon et a tenu à apposer sa marque sur la course dès les premiers kilomètres. 

 

En tête du classement général du premier au dernier jour, le Chilien n’a pour ainsi dire jamais eu de réelle opposition malgré les efforts de Simon Vitse (2 victoires d’étapes) ou de son compatriote Enrico Giovanni qui pourra regretter son abandon lors de la 6e étape. 

 

Avec 4 victoires d’étapes et une régularité impressionnante dans le Top 4 (10/11), Casale n’a pas vraiment ménagé le suspense. Seule la perte de 45 minutes à la recherche d’un way-point lors de la 10e étape a un tant soit peu inquiété celui qui rejoint désormais Marcos Patronelli au rang de triple vainqueur du Dakar dans la catégorie.

 


LA PERF

 

America first

 

Ricky Brabec restera le premier vainqueur américain du Dakar, mais a été imité de très près par son compatriote Casey Currie victorieux en SSV. Il a donc fallu attendre 42 ans pour voir le drapeau des Etats-Unis à la première ligne du palmarès, bien que de nombreux prétendants légitimes se soient pris au jeu. 

 

En 1985, Chuck Stearns avait pris la 6e place du général après avoir remporté 6 étapes, tandis que Danny Laporte butait à la 2e place derrière Peterhansel en 1992. Un peu plus tard, c’est Jimmy Lewis (l’entraîneur de Brabec) qui avait coincé à la 3e place en 2000, puis Chris Blais a atteint le 4e rang en 2006. En autos, c’est Robby Gordon qui a été le plus performant, mais n’a jamais percé plus haut que sa 3e place en 2009 malgré ses 10 spectaculaires victoires d’étapes.

 

 

LE COUP DUR

 

Panne de diapason

 

Yamaha se positionnait avant le Dakar comme la rivale de Honda pour briser le cycle de KTM dans la catégorie moto, avec deux pilotes de pointe tout à fait crédibles pour le personnage de vainqueur potentiel du Dakar. Mais Adrien Van Beveren, 4e en 2017 et Xavier de Soultrait, 7e l’année dernière, ont tour à tour quitté la course prématurément sur chute dans la 3e et la 4e étape. Le clan de la marque au diapason représentant également les meilleures chances françaises, il n’y a aucun pilote de l’hexagone dans le Top 10, ce qui ne s’était jamais produit sur le Dakar. Adrien Metge, pilote Sherco, pointe au 12e rang. Yamaha reste toutefois dans l’élite avec Franco Caimi (8e) et peut se satisfaire de la prestation du prometteur Jamie McCanney, 15e et 2e rookie derrière l’Espagnol Jaume Betriu.


LES REACTIONS DES VAINQUEURS

 

Ricky Brabec : « Ça y est… je suis là, c’est gagné ! »

« Au final, nous avons réuni toute les pièces du puzzle. On savait qu’on pouvait le faire, que ce soit n’importe quel coureur de l’équipe. Je suis extrêmement heureux. C’est mon 5e Dakar, mon deuxième à l’arrivée … je me suis réveillé super heureux de courir cette dernière étape et ça y est ! Je suis là, c’est gagné. Il a fallu être intelligent tous les jours et concentré. Il n’y a pas de top leader dans notre équipe, tout le monde a travaillé, on est une famille. On a tous gagné »

 

 

Ignacio Casale : « Ça a été un travail intense »

 

« Je suis très heureux d’être là. J’ai gagné mon troisième Dakar. Je suis très content parce que c’était une course très difficile, très longue. J’ai eu quelques problèmes en deuxième semaine, mais on les a réglé de la meilleure manière. Ça a été un travail intense toute l’année avec les mécaniciens et maintenant je peux célébrer cette première place. Merci beaucoup, et vive le Chili »

 

Casey Currie : « Je suis époustouflé »

 

« Deux Américains au top ! Je suis époustouflé ! Sean a fait du super boulot sur ce rallye, l’équipe aussi. La voiture était super. Je n’oublierai jamais ce jour, la plus belle victoire de ma carrière. C’est incroyable, la pression était terrible. Je suis amoureux de ce rallye ! L’année prochaine on reviendra défendre notre titre. Je suis ravi pour Ricky qui mérite sa victoire plus que moi la mienne. »

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