" /> Entretien avec Dylan Ferrandis à la veille du SX US 2021 - Fédération des Motards de France
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Publié le par Le service communication de la FMF


La saison dernière, au terme d’un championnat de supercross maîtrisé, Dylan Ferrandis était le premier étranger à remporter deux fois de suite le titre 250 cm³ sur la côte Ouest des États-Unis. À 26 ans, le voilà donc prêt pour entrer dans la cour des grands, en 450 cm³, le sommet mondial du supercross.

 


Tout juste remis d’une blessure à la main causée par une chute à l’entraînement, l’Avignonnais installé en Californie depuis quatre ans veut prendre le temps de s’habituer à cette nouvelle catégorie, au sein de laquelle un autre Français, Marvin Musquin, bataille pour le titre depuis 2016.

 

Entretien


Dans quelle forme êtes-vous, à quelques jours du début de saison ? Serez-vous là dès le premier week-end du championnat des États-Unis, à Houston, le 16 janvier ?

Oui oui, je serai là, je roulerai. Après, la forme physique est bonne, mais il y a quand même un manque de roulage. J’ai perdu un mois sur ma préparation, qui était déjà assez courte. La saison précédente a terminé tard et celle-ci commence tôt. On n’avait déjà pas beaucoup de temps et avec cette blessure à la main, j’ai perdu un mois. Forcément, je vais manquer de temps passé sur la moto à essayer de la comprendre, de l’améliorer.

 

Pour ce qui est de ma forme physique, j’ai pu m’entraîner plutôt bien pendant ma convalescence et garder pas mal de séances, où j’ai fait travailler les jambes, par exemple. De ce côté-là, ça va. Mais le roulage moto, c’est ce qui va me manquer le plus.

 

Quelle était la nature exacte de votre blessure ? Vous n’avez plus mal du tout ?

 

Non, c’est bon, je n’ai plus mal. J’avais une fracture du second os métacarpien, mais j’avais surtout une grosse entorse du pouce, et c’était ça le vrai problème. Mon pouce est allé en hyperextension. Je n’ai abîmé aucun ligament, mais le fait de m’être retourné le pouce, c’est ça qui a posé problème. Douleur, manque de force… c’était compliqué.


Vous sentez que la moto n’est pas encore à 100 % au point pour vous ?

 

Oui, d’autant plus que cette année, c’est un gros step, avec un changement de cylindrée. C’est une nouvelle moto, donc il y a des tests à faire, des réglages à trouver. Et puis surtout, apprendre les spécificités de la moto dans différentes conditions, sur différents terrains, c’est ça qui me manque.

 

Où vous êtes-vous entraîné, en majorité ?

 

On a le terrain Yamaha, en Californie, où tout le monde est basé. On a deux terrains sur place. Mais quand j’évoque les conditions, c’est rouler par exemple un jour où il fait trop chaud, où le terrain est très sec, très dur. Ou à l’inverse, une journée où il a plu, où c’est très mou, avec beaucoup d’ornières. Je n’ai pas eu le temps de passer beaucoup de temps dans ce genre de conditions.


Le terrain Yamaha Star racing doit être bien garni, avec l’augmentation du nombre de pilotes au sein du team. Ça change quelque chose pour vous ?

 

Il y a du monde, ça c’est sûr. Un peu trop pour moi ! Après, ça ne change pas grand-chose, on est tous là pour faire notre boulot. Mais quand tu es sur la piste, tu sais qu’il y a beaucoup de monde autour, donc tu n’as pas envie de gêner. S’il y a une chute ou quoi, ça peut vite être un peu chaud, donc il faut se méfier. Mais ça va, tout le monde est correct, chacun fait son métier.


Vous évoquiez votre passage à la cylindrée supérieure, en 450 cm3. Ça convient à votre pilotage, selon vous ?

 

Ça me va très bien, je me régale avec. J’ai toujours voulu rouler en 450. Mais c’est sûr que le 250, c’est plus simple à rouler, il y a moins de questions à se poser. On peut exploiter la totalité de la puissance de la moto, être à fond partout. Là, en 450, c’est quelque chose qu’on ne peut pas faire. Il faut vraiment apprendre à doser, à gérer, donc ça prend un peu de temps, mais moi, je préfère.

 

Ça y est, vous entrez dans la catégorie reine du championnat des États-Unis de supercross, le plus prestigieux du monde. Ça vous fait quoi ?

 

Ça fait un peu peur, parce qu’il ne faut pas se rater ! (rire) Après, je ne me pose pas trop la question. Y arriver, c’est compliqué forcément, mais la chose la plus dure, c’est d’arriver à performer dans cette catégorie difficile.

Après votre deuxième titre d’affilée en 250 cm3 sur la côte ouest, c’était le moment idéal…

 

Oui oui, c’est sûr !

 

Où vous situez-vous par rapport aux Eli Tomac (champion en titre, NDLR), Ken Roczen, Cooper Webb (champion en 2019, NDLR), Adam Cianciarulo, les stars de la discipline ?

Justement, on n’en sait rien ! Je n’ai jamais roulé avec, ça va être ma première course en 450, donc on n’en a aucune idée, ça apporte un élément de flou en plus. Surprise, on verra !

Votre entraîneur, David Vuillemin, a connu ce passage en catégorie reine lors de sa carrière aux États-Unis, en 1999. Il va pouvoir vous conseiller…

Oui ! Mais c’était il y a assez longtemps, c’est quand même assez différent ! Mais c’est sûr, ça aide.

Ferrandis : « En 450, tous les meilleurs pilotes sont là »


Les saisons de « rookie » sont souvent difficiles, le temps de se mettre dans le bain. Qu’attendez-vous de cette année ?

 

Je ne fixe pas vraiment d’objectifs. C’est vraiment une saison de découverte. Ma blessure m’a fait perdre beaucoup de temps, on va encore avoir une saison particulière, avec la situation sanitaire. Je donnerai le meilleur à chaque course et je verrai ce que ça donne. Le but sera de progresser de course en course, pas de faire une bonne première et rouler moins bien derrière. Si tout va bien, je pense qu’il y aura moyen de faire des bons résultats. Mais pour le moment, l’objectif est plutôt d’apprendre.

 

Ouest des États-Unis. | STÉPHAN LEGRAND/LEBIGUSA

 


Que pensez-vous du fait qu’il y ait à nouveau des courses en semaine dans le calendrier, comme en 2020 ?

 

Ça m’est un peu égal… Je comprends la difficulté de la situation, donc je préfère qu’on ait des courses en semaine et un championnat, que pas de championnat du tout. C’est pour tout le monde pareil, donc on s’adaptera.

Au-delà de la densité du niveau des pilotes, quelle est la différence majeure entre les catégories 250 et 450 ?

Déjà, le niveau. Tous les meilleurs pilotes sont là. Et la longueur des manches : cinq minutes de plus, ce n’est pas rien. Surtout, c’est la course la plus importante de la soirée. Le 450, c’est vraiment le « main event », le plus important, le plus regardé… ce qui compte le plus !

 

Les départs prennent une importance encore plus grande ?

 

C’est vrai, mais le niveau est tellement homogène que tout le monde fait des bons départs. Il faut aussi être capable de remonter avec un mauvais départ, c’est aussi là qu’on gagne des championnats.


Un autre Français, Marvin Musquin, figure depuis 2016 dans la catégorie 450 (sur le podium du classement général en 2017, 2018 et 2019, NDLR). Avez-vous échangé avec lui ?

 

Quand on se voit, on parle beaucoup. Mais là, depuis que chacun est chez soi, lui en Floride, moi en Californie, on était chacun dans notre préparation. Par téléphone, on ne se parle jamais. Mais sur les courses, c’est déjà arrivé oui !

Maintenant que vous êtes adversaire, il ne peut plus vous donner de conseils…

Eh non, entre pilotes, c’est un sujet un peu délicat… ! (sourire)

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